Henry Simon (1910-1987), Peintre du mouvement dans la lumière (*)

Association Les Amis d'Henry Simon - Association Loi 1901

Poème de Philippe Vallet

Philippe Vallet a écrit ce poème lors de l'exposition de Saint-Jean-de-Monts

 

A l'absent, Henry Simon
 
Si sur tes genoux Henry
tu plumais le temps
chaque geste
de la main serait couleur
regard
temps de vie
 
je n'ai plus de mains
et prier le ciel ?
 
Henry je te confie mes yeux pour ce voyage
si l'instant se fige en pays d'Yeu
toujours  revient la Vendée
 
tu creuses la farandole où nos visions s'arrêtent
et si des doigts de l'homme le travail était
de faire vivre : Henry tu as su lever la vie
 
tu as le goût de regarder ton pays
le pays de Vie
entre marais et mer
sel et vent, école et vendanges
sur un marché, au bord d'une cheminée
 
océan et marais partagent le même ciel
le sait-on !
si le rémouleur affûte encore ses lames
toi, tu aiguises notre vigilance
fixant la danse des secondes
 
les Rimajures trempent leurs pailles dans le ciel
et toi tes pastels
il suffisait de te dresser au pied de ton histoire
les nuages caracolent
les yeux de mémé Vairon lorgnent la tendresse
ce passé pesant d'une urgence à se souvenir
« nous avons existé »

 Henry je te confie mes yeux pour ce voyage
si l'instant se fige en pays d'Yeu
toujours  revient la Vendée

tu poses les couleurs
tu nous dis à bras levés
dans l'éclair de ton geste
« celle-là allume notre regard »
« celui-ci te regarde »
 
prends et dessine
tu as besoin de tout sauver
 
Henry, tu as semé
ton regard d'enfant au coin d'une fenêtre
rien n'est triste si le bleu au ciel arrive
 
éclat rouge, jaune, blanc et les souffles du monde
de tous les rivages de tes visages,
qui pourrait dire qu'ils ne t'appartiennent pas
 
dans le détail se déchiffre l'immense
l'horizon se plie en mille vagues
Henry toi, tu dénoue sur le drap ou le bois
les mille houles d'une mesure
elles mangent dans nos mains
 


 

au ciel gris d'une Vendée hivernale
les feux de braises courent rouges aux foyers
elles se glissent sous les os
ton œuvre vient nourrir nos bouches
mourir sur notre peau le frisson
souffle d'échange en puissante vie

Henry je te confie mes yeux pour ce voyage
si l'instant se fige en pays d'Yeu
toujours  revient la Vendée

la vie n'est-elle qu'un regard ?
une peinture ?
 
Henry es-tu le regard d'un pays ?
 
Humanisé entre souffle et sang
ta pipe au bec entre vents de mer et vents de terre
 
hier  ou maintenant ?
 
le monde offert comme
saisi d'une vision comme
tu pries, deux mains levées
en un seul geste
appel à vivre
comme tu fais

Henry je te confie mes yeux pour ce voyage
si l'instant se fige en pays d'Yeu
toujours  revient la Vendée

jeudi 21.07.2005
expo Saint-Jean de mont Henry Simon
A l'absent, Henry Simon